Accueil > Tribunes libres > VERSAILLES : IMPRESSIONS DE CONGRES

VERSAILLES : IMPRESSIONS DE CONGRES

fontsizeup fontsizedown

Le Président de la République a fait venir plus de 900 parlementaires à Versailles le lundi 22 juin pour pas grand-chose.

Selon certains commentateurs, la cérémonie coûterait près de 500 000 €. Il y a annoncé ce que nous savions déjà : maintien du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite, réforme des collectivités locales, réforme des retraites en 2010, non augmentation des impôts, réforme de la fiscalité locale avec suppression de la taxe professionnelle, création d’une taxe carbone, lancement d’un grand emprunt pour financer les priorités nationales définies à l’issue d’un débat avec le parlement et les partenaires sociaux…

J’ai donc été déçu sur le fond, d’autant plus que ni l’Europe ni la situation internationale n’ont été abordées.

Mais j’ai également aussi été déçu sur la forme. C’est la première fois que j’assistais à un discours de Nicolas SARKOZY. Je m’attendais à une prestation de grand orateur. Or, il n’y a dans le discours ni idée d’un dirigeant visionnaire, ni technique oratoire hors pair. Au contraire, les techniques de persuasion sont datées et pour tout dire un peu ringardes.

Le début du discours consiste à essayer de faire du consensus autour de quelques idées générales du type : c’est désormais le temps de la démocratie apaisée qui permet au président de venir devant le Parlement. Il faut lutter contre la mauvaise mondialisation qui provoque délocalisation et guerre économique de tous contre tous.

A l’appui de ces généralités le discours cite Jules FERRY, plutôt classé à gauche, ou fait référence au programme du Conseil National de la Résistance, classé également à gauche. En communication cela se nomme de la triangulation. La technique consiste à reprendre les idées, les mots ou les images de ses adversaires politiques. Puis ensuite à les mettre au service d’une thèse ou d’un projet politique différent voire contraire. C’est exactement ce que le Président de la République a fait. Il a condamné la fiscalité qui décourage le travail pour justifier l’allégement de la fiscalité des entreprises, ce qui est différent. Au passage, il n’a pas parlé de son bouclier fiscal qui minore l’impôt sur la fortune et supprime quasiment l’impôt sur les successions.

Ensuite il a utilisé le procédé rhétorique qui est de répondre à de fausses questions qu’il se pose à lui-même. Le modèle est la question suivante au sujet de la politique industrielle : « Le but est-il donc que toutes nos usines s’arrêtent ? »(citation de mémoire mais quasiment exacte) A cette question stupide que personne ne lui a jamais posé il martèle une série de réponses qui commencent toutes par la phrase « Je dis ». La réponse est donc à la fois très personnelle et très volontariste. Elle est en plus assez courte et se prête bien à une citation à la télévision où elle va sans doute donner le sentiment d’un mouvement. Mais dans la salle, j’ai eu un peu l’impression d’être pris pour un imbécile à qui on vient servir des « trucs » que le plus médiocre des avocats n’ose plus depuis vingt ans.

Je repars de VERSAILLES avec l’idée que ni cet homme, ni cette politique ne méritent de diriger ce pays.

Partager sur le net :

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?