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NUITS D’ÉMEUTES À GRENOBLE

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Le 15 juillet 2010 une tentative de vol à main armée a eu lieu dans un casino de l’Isère. À la suite la police a pris en charge un des braqueurs. Les malfaiteurs ont tiré en direction des policiers. Ceux-ci ont riposté. Un des malfaiteurs, M. Karim BOUDOUDA, a été tué. Selon les informations relayées par la presse, il aurait été condamné à plusieurs reprises pour des vols avec armes. À l’annonce de sa mort, des émeutes ont éclaté dans une cité de Grenoble, la cité de Villeneuve dont M.BOUDOUDA serait originaire.

Ces émeutes ont été d’une particulière gravité. 60 voitures ont été brûlées la première nuit et des tirs à balles réelles en direction des forces de police ont eu lieu.

Ces événements témoignent d’une dégradation alarmante de notre société. Tout d’abord elle démontre qu’une nouvelle génération de malfaiteurs est en train de naître. Les braqueurs à l’ancienne qui blanchissaient l’argent de leurs méfaits grâce à l’achat de bar à hôtesses et plus généralement de la prostitution avaient été éradiqués par la police. Ne survivaient plus que d’un côté des agresseurs minables de petits commerces et de l’autre des bandes de délinquants très professionnels qui s’attaquaient aux convoyeurs de fonds. Aujourd’hui le trafic de stupéfiants dans les cités assure un revenu plus ou moins régulier. Il favorise la constitution de bandes et permet ensuite à certains des membres de se professionnaliser dans la délinquance.

Ensuite ces faits sont graves car ils démontrent l’emprise des délinquants sur des quartiers entiers. Les délinquants s’appuient sur une base sociale qui les soutient. Spontanément l’émeute gronde dès que l’un d’eux est atteint.

C’est l’échec de la politique du président de la république en matière de sécurité. Aucune politique de répression ne peut fonctionner si elle n’est pas en lien avec des politiques sociales en direction des populations où sont recrutés les auteurs de la délinquance dont on souhaite la disparition.

Nous devons reprendre la situation en main en cas de victoire aux élections de 2012. Cela sera difficile. Cela nécessitera une relance de la politique de la ville avec la remise en place d’une police de proximité articulé avec les municipalités et la justice, une relance d’une politique de prévention, une répression ferme mais en même temps le développement de mesures de réinsertion. C’est un défi immense que nous devrons relever si nous ne voulons pas que des zones entières de notre société échappent aux lois de la république pour être sous l’emprise de la loi des gangs, des bandes et des mafias.

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