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Débat des contributions : L’école et la culture

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Suite à la décision du comité de circonscription d’organiser un débat autour des contributions, s’est tenu à Saint Sébastien, le 12 septembre, un débat sur l’école et la culture. 50 personnes se sont déplacées à la salle du Douet. J’ai présenté un débat articulé autour des chapitres suivants :

1) La culture

Les mesures préconisées sont les suivantes :


-  Tout d’abord développer la culture à l’école. Ensuite développer le réseau des acteurs culturels. En outre, faire participer le public de façon à ce que la culture ne soit pas une consommation culturelle mais une participation.

Sont mises en avant la défense des cultures minoritaires, que celles-ci soient les cultures de Français d’origine étrangère ou que celles-ci correspondent à des pratiques qui ne sont pas habituellement considérés comme culturelles (pratique de la cuisine…). Partout est soulignée l’importance de la culture audiovisuelle. La télévision est l’instrument de culture de la majorité d’entre nous. Sont posées également les questions des statuts. La loi doit désormais permettre un téléchargement. La loi doit résoudre la question du statut des intermittents et donner aux artistes amateurs un statut protecteur.

2) L’école : les remèdes convergents


La plupart des contributions s’accordent sur les points suivants :


-  création d’un service public de la petite enfance.

-  Soutien aux zones défavorisées, avec des dotations beaucoup plus importantes pour les ZEP :
• baisse du nombre d’élèves,
• Soutien scolaire,
• Revalorisation du statut des enseignants,
• passerelle entre les enseignements généraux, techniques et professionnels,
• rapprochement entre les grandes écoles et les universités,
• financement de la vie étudiante que ce soit par le biais d’un prêt de 10 000 € à tous les jeunes de 18 ans (S. Royal), une allocation d’autonomie (Martine Aubry qui indique reprendre cette idée de l’UNEF),
• création d’un tronc commun pour les deux premières années universitaires qui permettrait ensuite de s’orienter,
• valorisation de la recherche,
• valorisation de l’éducation populaire dont le Parti socialiste fait partie.


3) Les divergences sur l’école

Une contribution insiste sur le fait que l’école aggrave les inégalités (Fabius).
Si toutes les contributions ont insisté sur les principes de laïcité et de gratuité, certaines s’inquiètent du statut particulier de l’Alsace-Lorraine et voudraient le voir supprimer. Une autre s’inquiète de la marchandisation de l’école et souhaite que le principe de laïcité soit l’outil qui évite l’introduction de la marchandisation de l’école.

Enfin, une opposition existe plus en filigrane qu’elle n’est largement exprimée. Elle oppose d’une part les partisans d’une éducation strictement nationale qui souhaite des Bacs et des brevets nationaux, qui s’oppose à l’autonomie des universités et qui veut renationaliser la politique de la ville (contribution Filloche – Mélenchon – Lienemann) et les autres qui sont plutôt en faveur d’une décentralisation.



4) Remarques personnelles

J’ai fait valoir pour ma part, qu’en matière de culture on oubliait toujours l’industrie touristique. 80 millions d’étrangers fréquentent notre pays. Ils y viennent notamment parce que toutes les villes se dotent de festivals qui emploient des artistes. Il y a à réfléchir sur l’extension de ces festivals, sur le statut des artistes, les possibilités de développement de notre langue (ouverture de cours, un peu ludiques, pour apprendre les rudiments de notre langue aux étrangers qui fréquentent notre pays).
En ce qui concerne l’école, j’ai souligné que l’école républicaine n’existe pas. Il s’agit d’un idéal vers lequel nous devons tendre. L’école telle qu’elle est organisée sélectionne les élèves de façon inégalitaire. Il existe 2 grandes filiaires. Celle qui va mener à l’université et celle qui conduit aux grandes écoles.
Par ailleurs, j’ai soumis l’idée que les classes de 6e et 5e ne soient pas des classes avec autant de professeurs qu’il y a de disciplines mais qu’il faudrait organiser une transition entre le primaire et le secondaire avec un ou deux professeurs chargé de l’ensemble des matière pour essayer d’accompagner ce passage dans le collège.
Enfin, j’ai souligné 2 points : n’y a-t-il pas lieu à une réforme de l’orthographe pour permettre un accès plus facile à l’orthographe, n’y a-t-il pas lieu à une diminution du rôle des mathématiques au profit des sciences qui sont souvent délaissées. Enfin, n’y a-t-il pas lieu à une réflexion sur la décentralisation. Comment organiser la péréquation entre les établissements richement dotés et ceux moins richement dotés.


5) Réactions

René Pagaveau, de la section de Saint Sébastien, a présenté son analyse des mesures Darcos. Il s’agit avant tout de réaliser des économies budgétaires en supprimant des postes sans prise en compte de la réalité mais par application de calculs purement mathématiques. La suppression de la carte scolaire va vider les collèges difficiles alors que la loi de 89 mettait l’enfant au cœur du système éducatif, nous retournons à une école qui va perdre petit à petit son caractère éducatif. Les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisés aux Enfants en Difficultés) vont voir leur rôle et leurs effectifs diminuer. Il est à craindre que la scolarisation des enfants de 2 ans ne recule. René Pavageau a insisté sur le fait que toutes ces mesures flataient l’individualisme et il craignait, pour sa part, que l’on ne débouche un jour sur le chèque éducation qui permettrait à chaque famille de choisir entre le public et le privé.
Une discussion s’est engagée sur la valeur des classements internationaux. La Finlande se trouve en partie surclassée du fait des critères d’appréciation internationaux.
A l’issue de ce débat, un consensus s’est dégagé sur les points suivants :


-  Il faut absolument développer la culture audiovisuelle et le rôle culturel de la télévision.

-  Il faut prendre en compte la souffrance scolaire, que ce soit celle des enfants, des parents ou des enseignants.

-  Il faut lutter contre l’échec scolaire et universitaire, pas seulement en augmentant les moyens mais en modifiant les méthodes d’enseignement et également en modifiant les programmes.

-  L’école doit conserver un rôle éducatif et avoir un sens perceptible par tous. Elle n’est pas un lieu où l’on ingurgite des connaissances.

-  A été souligné l’importance de la mixité. La carte scolaire n’est qu’un outil, le but est d’obtenir un mélange des catégories sociales au sein d’une même classe et d’une même école.

-  Les mécanismes de sélection de l’élite par le biais des grandes écoles, notamment les grandes écoles d’ingénieurs ou les grandes écoles de la fonction publique (ENA, polytechnique) sont des mécanismes qui coutent beaucoup trop cher. Les grandes écoles ne participent que peu à l’effort de recherche. L’élite qui en est dégagée est autoproclamée, fermée sur elle-même et se reproduit à l’intérieur d’elle-même. Il est capital de mettre fin rapidement à un tel système en rapprochant les grandes écoles des universités, en permettant aux universités de former des ingénieurs. Les entreprises devront être incitées à recruter des universitaires au même titre que des étudiants qui sortent des grandes écoles.

-  Il a été rappelé l’importance de la prise en compte du coût. La production de la culture a un coût. Ce coût est payé soit par le biais du marché soit par le biais d’une intervention étatique. L’origine des fonds modifie beaucoup la production culturelle.

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