Accueil > A l’Assemblée > Audition de l’association NÉGAWATT

Audition de l’association NÉGAWATT

fontsizeup fontsizedown

Continuant nos auditions autour des questions énergétiques, nous avons auditionné ce matin lors de notre réunion de groupe, l’association NégaWatt qui propose un scénario très détaillé pour une transition énergétique permettant d’atteindre l’objectif d’une division par 4 de nos émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990. Voici quelques extraits des propos tenus lors de cette audition.

Association qui a 10 ans. Nous sommes 500 adhérents dont environs 200 travaillant dans le domaine de l’énergie. Nous nous caractérisons par une réelle pratique de terrain. Une association pour réfléchir à nos urgences énergétiques.

Quatre scénarios possibles. 1/ Laisser faire. (émissions de CO2 et consommation d’énergie). 2/ Scénario d’équilibre énergétique. Des émissions constantes. Ces deux scénarios ne sont pas possibles. 3/ Un scénario qui pense que vers 2025 / 2030 la pression de l’urgence entraînera une forte pression sur les comportements. Mais selon nous cela poserait des problèmes économiques et démocratiques. 4/ On démarre maintenant, pour une transition sur 20 ans pour arriver à une division par 2 de nos émissions de CO2 et de notre consommation.

Les politiques ne sont pas dans le niveau d’urgence qu’il faudrait. Nous avons démarré en réfléchissant sur une méthodologie. Cette démarche se divise en sobriété énergétique, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

La sobriété est une réflexion sur les usages. Ne sommes-nous pas gaspilleurs, sur consommateurs ? Une réflexion sur le dimensionnement, la manière dont nous vivons. L’efficacité est la question des rendements. Mais il faut l’appliquer sur toute la chaîne. Le troisième étage est celui des énergies renouvelables. Ce sont des énergies de flux, d’un rendement de la nature, et non pas basée sur la consommation d’un capital naturel.

Nous avons essayé de travailler sur un scénario qui s’appuie sur des idées de base : on prend les meilleurs techniques disponibles, des politiques très volontaristes, mais pas de science-fiction. Et une réelle politique de territoire et de gestion des surfaces.

Le résultat global est la possibilité de réduire de façon considérable nos consommations avec un service énergétique rendu. Il faut découpler la service énergétique rendu et la consommation. On a plusieurs millions de personnes qui se chauffent mal ou se sous chauffent. Il faut d’abord faire de la sobriété et de l’efficacité, avant de faire les énergies renouvelables. C’est dans ce scénario que l’énergie renouvelable pourra prendre une place prépondérante dans la production.

Nous pouvons ainsi atteindre le facteur 4 de division de nos émissions de CO2 par rapport à la situation de 1990.

Toutes nos consommations sont à analyser. Nous regardons chaque poste de consommation, chaque appareil ménager, etc., pour arriver à établir une trajectoire possible jusqu’à 2050.

Sur le sujet particulier de l’électricité, le résultat de notre étude de 2006 est une montée en puissance de cette énergie puis un palier à partir de 2050. Nous y arrivons avec une politique forte en matière d’efficacité sur tous les équipements, une forte politique associée au bâtiment, ce qui favorise une diminution de la consommation d’énergie et une substitution d’énergie avec par exemple la bio-masse.

Une centrale thermique a un rendement de 33 à 38%. Des centrales gaz combiné ont un rendement de l’ordre de 55%.

Le nucléaire ne répond pas aux critères de la soutenabilité. Or, sans dogme, nous devons léguer des énergies et un système de développement soutenable.

Pour les personnes les plus modestes, la consommation d’énergie représente entre 2 mois et 2 mois et demi de salaire chaque année. Faire baisser les coûts d’énergie est donc un enjeu majeur.

Le scénario de trajectoire c’est de voir année par année, comment on fait. Pour l’habitat, la question est de savoir comment on fait, pas si on fait. Comment démarrer, et comment se mettre sur cette trajectoire.

1/3 du territoire se prêterait à de la géothermie de grande profondeur. C’est une source remarquable d’énergie renouvelable.

Il y a de vraies révolutions en cours et qui peuvent être prolongées. Les bons réfrigérateurs d’aujourd’hui consomment 1/3 de ce que consommaient les réfrigérateurs d’il y a 10 ans. Mais en même temps il y a de nouvelles consommations non maîtrisées (la live box qui fonctionne 24/24, les publicités vidéos qui fleurissent dans les transports en commun, etc.). Il faudra réguler pour assurer la sobriété.

 

Partager sur le net :

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?